Poème 'Pâleur' de François COPPÉE dans 'Les Paroles sincères'

Pâleur

François COPPÉE
Recueil : "Les Paroles sincères"

Je l’apercevais, chaque soir,
La blonde et chétive apprentie,
Dont un vieux beau, sur le trottoir,
Guettait ardemment la sortie.

Seize ans, l’air déjà vicieux
Et cherchant le regard du mâle ;
Mais des cheveux, des dents,. des yeux !…
Et pâle, si joliment pâle !

Triomphante, entre trois amants,
Dans sa loge, un soir de « première »,
Je la revis, ses diamants
M’éclaboussant de leur lumière.

Malgré ses traits un peu plus lourds
Et ses grands yeux cernés de hâle,
La superbe fille !… Et toujours
Pâle, magnifiquement pâle !

Sur le marbre d’un hôpital
Hier enfin je l’ai reconnue.
Le cadavre, au grand jour brutal,
Montrait sa maigreur froide et nue.

Le visage gardait encor
La grimace du dernier râle,
Hideuse sous les cheveux d’or…
Fi, l’horreur ! Comme elle était pâle !

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

François COPPÉE

Portait de François COPPÉE

François Édouard Joachim Coppée, né le 26 janvier 1842 à Paris où il est mort le 23 mai 1908, est un poète, dramaturge et romancier français. Coppée fut le poète populaire et sentimental de Paris et de ses faubourgs, des tableaux de rue intimistes du monde des humbles. Poète du souvenir d’une première rencontre... [Lire la suite]

© 2017 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS
Nos partenaires : Le Mot pour la frime | Poetiz | Permis moto