Poème 'Par quel sort, par quel art, pourrois-je à ton coeur rendre' de Etienne JODELLE dans 'Les Amours'

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Par quel sort, par quel art, pourrois-je à ton coeur rendre

Etienne JODELLE
Recueil : "Les Amours"

Par quel sort, par quel art, pourrois-je à ton coeur rendre
Au moins s’il peut vers moy s’engourdir de froideur,
Ceste vive, gentille, et vertueuse ardeur
Qui vint pour moy soudain, de soy-mesme s’éprendre.

Et quoy ? la pourrois tu comme au paravant prendre
Pour fatale rencontre, et parlant en rondeur
D’esprit, comme je croy, la juger pour grand heur,
Qui plus à ton esprit contentement engendre.

Tel que je m’en sentois, indigne je m’en sens,
Mais de ta foy ma foy s’accroist avec le tems.
Quel moyen donc ? si c’est par grandeurs, je le quitte :

Si par armes et gloire, au haut coeur nos malheurs
S’opposent : si par vers, tu as des vers meilleurs :
Ton hault jugement peut sauver seul mon merite.

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Commentaires

  1. Rimes d’autrefois
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    Aux poètes d’antan sont hommages à rendre
    Qui nous ont réchauffés aux saisons de froideur ;
    Et bien nous convient-il imiter cette ardeur
    Par laquelle un coeur peut de l’univers s’éprendre.

    A leurs charmants écrits avons leçons à prendre,
    À leur style alternant rectitude et rondeur,
    À leur effort pour voir de l’homme la grandeur
    Et la douceur des mots que le tourment engendre.

    Pour payer un tribut à ces bardes chantants,
    Ne suffit-il d’un peu de loisir et de temps,
    Peut-être, à ces instants où le sommeil nous quitte.

    Ainsi nous chanterons nos bonheurs, nos malheurs,
    Sachant que nos anciens resteront les meilleurs ;
    Que de nos récents vers, ils auront le mérite.

  2. Cardiomanciens
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    Ils veulent à ce coeur toute sa force rendre,
    De l’hiver de sa vie oubliant la froideur ;
    Quand ce viscère aura retrouvé son ardeur,
    À nouveau pourra-t-il de ses plaisirs s’éprendre.

    Ils m’ont bien raconté comment ils vont s’y prendre,
    Les uns se comparant à des raccommodeurs,
    Et d’autres évoquant le métier d’accordeur ;
    Ces deux corporations ont l’air de bien s’entendre.

    Mon vieux coeur, n’aie donc plus de ces craintes d’antan ;
    Tu seras comme neuf, dans assez peu de temps,
    Tu ne connaîtras plus ces frayeurs qui t’agitent.

    On te remet en forme, organe travailleur,
    Ta vie s’adoucira, tes jours seront meilleurs ;
    De nos cardiomanciens célébrons le mérite.

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Etienne JODELLE

Portait de Etienne JODELLE

Étienne Jodelle, né en 1532 à Paris où il est mort en juillet 1573, est un poète et dramaturge français. Membre de la Pléiade, il s’efforça d’en appliquer les principes à l’art théâtral. Il fut le premier à utiliser l’alexandrin dans la tragédie. Il apparaît comme un précurseur de la tragédie à... [Lire la suite]

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