Poème 'A la merci des vents, des flots, et de l’orage' de Isaac HABERT

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A la merci des vents, des flots, et de l’orage

Isaac HABERT

A la merci des vents, des flots, et de l’orage,
Je vogue sur la mer de peine et de douleur,
J’ai pour pilote amour, pour fanal le malheur,
Pour compagnon les pleurs, les regrets et la rage.

Les vents des espoirs vains m’éloignent du rivage,
L’Amour me vend aux vents et sous belle couleur
De me prêter son aide, il s’aide de la leur
Pour me rompre mon mât, ma voile et mon cordage.

Hélas ! puisque tu vois que ce pilote, au lieu
De me guider, m’abîme, et qu’il n’a foi de Dieu,
De pilote, ni d’homme, exauce ma requête.

Diane, venge-moi, lance-lui de tes yeux
Un trait aigu, meurtrier, cruel et furieux,
Lors surmonterons-nous Amour et la tempête.

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Commentaires

  1. Il tomba, ce matin, si forte pluie d'’orage,
    Qu'on eût cru voir verser des larmes de douleur
    Aux nuages atteints de Dieu sait quel malheur,
    Ou bien, qu'un contretemps les avait mis en rage.

    La route, un océan aux humides rivages;
    Le ciel, un bas plafond d'une obscure couleur.
    L'orage de sa voix, les oiseaux de la leur
    Interpellaient le monde en un rugueux tapage.

    En voyant ce déluge, un vieux rhapsode, au lieu
    D'en faire nul reproche aux diables ou à Dieu,
    Au lieu de leur lancer d'incertaines requêtes,

    Se contente d'errer en emplissant ses yeux
    Du spectacle des eaux en torrents furieux.
    L'air lui semble si doux, au coeur de la tempête !

  2. Hexacéphales
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    Ils narguent les typhons et bravent les orages ;
    Maîtres de leur plaisir, maîtres de leurs douleurs,
    Ni les jours fatigants, ni les petits malheurs,
    Ni l’ennui quotidien ne les mettent en rage.

    On les voit piétiner aux humides rivages,
    Se signalant de loin par leur claire couleur.
    Les oiseaux de leur voix, ces monstres de la leur
    Célèbrent les beaux jours en un joyeux tapage.

    Devant un contretemps, ces fiers routards, au lieu
    D’en incriminer l’homme, ou le sort, ou les dieux,
    Gardent un doux silence et poursuivent leur quête.

    La sagesse d’antan, je la vois dans leurs yeux
    Dont jamais ne surgit un regard furieux,
    Maîtres de jours d’été, maîtres de la tempête.

  3. Intéressante comparaison entre les poèmes de 2013 et 2016.

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Isaac HABERT

Portait de Isaac HABERT

Isaac Habert, né à Paris vers 1560 et mort vers 1625, est un poète baroque français. Issu d’une famille d’écrivains, il écrit sur des thèmes scientifiques, religieux et amoureux.
Il fut valet de chambre et secrétaire du roi Henri III. Dans sa jeunesse, il avait été au service de Guy de Saint-Gelais, seigneur... [Lire la suite]

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