Poème 'A poor young shepherd' de Paul VERLAINE dans 'Romances sans paroles'

A poor young shepherd

Paul VERLAINE
Recueil : "Romances sans paroles"

J’ai peur d’un baiser
Comme d’une abeille.
Je souffre et je veille
Sans me reposer :
J’ai peur d’un baiser !

Pourtant j’aime Kate
Et ses yeux jolis.
Elle est délicate,
Aux longs traits pâlis.
Oh ! que j’aime Kate !

C’est Saint-Valentin !
Je dois et je n’ose
Lui dire au matin…
La terrible chose
Que Saint-Valentin !

Elle m’est promise,
Fort heureusement !
Mais quelle entreprise
Que d’être un amant
Près d’une promise !

J’ai peur d’un baiser
Comme d’une abeille.
Je souffre et je veille
Sans me reposer :
J’ai peur d’un baiser !

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Commentaires

  1. Ainsi, Valentin
    Fait peur à Verlaine !
    Il tremble au matin,
    Ce berger des plaines,
    Devant Valentin.

    Il perd son latin,
    Il est à la peine,
    Son coeur est butin,
    Son coeur est aubaine,
    Il perd son latin.

    Quel triste destin,
    Ce coeur qu'on enchaîne !
    Le coeur enfantin
    Du pauvre Verlaine,
    Quel triste destin.

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