Poème 'Au général cambronne' de Jules VERNE

Au général cambronne

Jules VERNE

Gloire au héros soldat, au général, au brave
Qui fait de la victoire une éternelle esclave,
Quand son cœur est français,
Quand il est si fidèle à sa noble devise,
Qu’il réponde : toujours ! à l’honneur, et qu’il dise
A la honte : jamais !

Le sabre vaut le sceptre, et la gloire le trône,
Lorsque, vainqueur illustre, on s’appelle
Cambronne,
Et qu’à ce noble nom
L’histoire, déroulant ses pages héroïques,
Nous montre des d’Assas, aux exploits homériques,
Le digne compagnon !
Il est de ces beaux cris que les siècles entendent
Qui dans le cœur de tous comme un torrent s’épandent,

Féconds, glorieux mots,
Qui jetés à l’armée, au sein de la bataille,
Font des pauvres soldats courbés sous la mitraille,
D’invincibles héros !

Ces terribles élans qui s’échappent de l’âme,
Bondissent dans les rangs, brûlent comme la flamme,
Raniment les blessés,
Partent comme un boulet sous l’effort de la poudre,
Et qui dans leur fureur, semblables à la foudre,
Par Dieu seul sont lancés.
Nous en savons de toi ! car sommé de te rendre,
Quand ton bras affaibli ne pouvait te défendre,
Que morts ou dispersés,
Tes braves, de leur corps jonchaient l’humide plaine,
Que l’honneur, haletant, épuisé, hors d’haleine,
Te criait : c’est assez !
Tu presses sur ton cœur ardent à la victoire
De ton drapeau brisé tous les lambeaux de gloire

Arrachés aux combats !
Baïonnettes, boulets, rien, rien ne te retarde !
Cambronne, et tu réponds, en t’élançant : «
La garde
Meurt, et ne se rend pas ! »

Nous ne t’oublions pas, car nos jeunes années,
A ces nobles récits sans cesse ramenées,
Connurent tes hauts faits !
Et nos mères, berçant nos ennuis de l’enfance,
Nous chantaient, en chantant la gloire de la
France,
Le général nantais !

Nous ne l’oublierons pas ; tout faibles que nous sommes,
Nous ne savons montrer au brave entre les hommes
Un dédain déloyal !
Ta mémoire de bronze, ainsi que ta statue,
A, défiant du temps la haine confondue,
Nos cœurs pour piédestal !

Et nous, si quelque jour un tribun sanguinaire»
Voulait à ses arrêts dictés par la colère,

Nous forcer d’obéir
Instruits par toi,
Cambronne, à ne jamais se rendre,
Nous marcherions à lui ! nous saurions nous défendre,

Ou nous saurions mourir !

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Commentaires

  1. Martin Soldat et Martin Troll
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    Voici Martin Soldat,le guerrier le pus brave,
    Qu'ont pris pour saint patron cent villages français
    Et qui nomme une rue par où Robert passait ;
    Et voici Martin Troll, qui longtemps fut esclave.

    Saint Martin proposa, dans un geste héroïque,
    Un manteau pour quiconque en aurait le besoin ;
    Le troll ne voulant pas, pur le coup, faire moins,
    Les badauds attendaient un échange homérique.

    Pourtant, l'apaisement se fit en quelques mots,
    Car nos deux cavaliers étaient las des batailles ;
    Ni le saint, ni le troll son vêtement ne taille,
    Les voilà bavardant, comme des gens normaux.

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