Poème 'Au temps des donjons' de Robert DESNOS dans 'État de veille'

Au temps des donjons

Robert DESNOS
Recueil : "État de veille"

As-tu déjà perdu le mot de passe ?

Le château se ferme et devient prison,
La belle aux créneaux chante sa chanson
Et le prisonnier gémit dans l’in pace.
Retrouveras-tu le chemin, la plaine,
La source et l’asile au cœur des forêts,
Le détour du fleuve où l’aube apparaît,
L’étoile du soir et la lune pleine ?
Un serpent dardé vers l’homme s’élance,
L’enlace, l’étreint entre ses anneaux,
La belle soupire au bord des créneaux,
Le soleil couchant brille sur les lances,
L’âge sans retour vers l’homme jaillit,
L’enlace, l’étreint entre ses années.
Amours ! Ô saisons! Ô belles fanées !
Serpents lovés à l’ombre des taillis.

1942

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Commentaires

  1. Château flottant
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    Un château flottant qui dans l'azur passe,
    Les caves n'y sont jamais des prisons ;
    Trois vestales, là, chantent leur chanson,
    L'orage les suit, l'écalir les dépasse.

    Bien loin par-dessous, c'est l'immense plaine,
    Et le fleuve noir, la vieille forêt,
    Le levant au loin où l'aube apparaît,
    Antarès qui brille, et la lune pleine.

    Le château léger dans les airs s'élance,
    Vestales aux doigts ne portent d'anneaux ;
    Chacune sourit au bord des créneaux,
    Rêvant, semble-t-il, d'un porteur de lance.

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