Poème 'Circonspection' de Paul VERLAINE dans 'Jadis et naguère'

Circonspection

Paul VERLAINE
Recueil : "Jadis et naguère"

Donne ta main, retiens ton souffle, asseyons-nous
Sous cet arbre géant où vient mourir la brise
En soupirs inégaux sous la ramure grise
Que caresse le clair de lune blême et doux.

Immobiles, baissons nos yeux vers nos genoux.
Ne pensons pas, rêvons. Laissons faire à leur guise
Le bonheur qui s’enfuit et l’amour qui s’épuise,
Et nos cheveux frôlés par l’aile des hiboux.

Oublions d’espérer. Discrète et contenue,
Que l’âme de chacun de nous deux continue
Ce calme et cette mort sereine du soleil.

Restons silencieux parmi la paix nocturne :
Il n’est pas bon d’aller troubler dans son sommeil
La nature, ce dieu féroce et taciturne.

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Commentaires

  1. Saint Pluvian
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    Apôtre gotlibien, Pluvian, priez pour nous
    Sur la berge du Nil que caresse la brise ;
    Le Temps vous a chargé de quelques plumes grises,
    Mais cela vous va bien, et vieillir vous est doux.

    Le croco devant vous vient se mettre à genoux,
    Alors qu’il aime tant se vautrer à sa guise;
    Votre noble labeur jamais ne vous épuise,
    C’est un beau sacerdoce, il est à votre goût.

    Une grande sagesse est en vous contenue;
    Même au premier avril, votre action continue,
    Et votre trait d’esprit fait rire le soleil.

    Rien ne viendra troubler votre repos nocturne,
    De rêves merveilleux s’orne votre sommeil ;
    Un sourire vous vient, beau Pluvian taciturne.

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