Poème 'D’un bouquet d’oeillets gris et rouges' de Mellin de SAINT-GELAIS

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D’un bouquet d’oeillets gris et rouges

Mellin de SAINT-GELAIS

Ces six oeillets mêlés en cette guise
Vous sont par moi ce matin envoyés,
Pour vous montrer, par ceux de couleur grise,
Que j’ai du mal plus que vous n’en croyez ;
Vous suppliant que vous y pourvoyiez,
Les rouges sont plainte en l’autre moitié,
Non point de vous, mais du Dieu sans pitié
Qui de mon sang prend vie et nourriture ;
Et tous ensemble, ayant de leur nature
Brève saison, vous portent ce message
Que la beauté est un bien qui peu dure,
Et que qui l’a la doit mettre en usage.

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Commentaires

  1. Rouge fleur des bois
    ----------------------

    La rouge fleur a surgi dans le bois,
    Ne croyant pas qu’elle soit immortelle,
    Et déployé ses pétales, des ailes
    Qui largement pourraient porter son poids.

    Jamais chantante, elle n’a pas de voix,
    Mais toujours offre une pensée nouvelle ;
    D’être modeste est ce qui la rend belle
    Plus que l’orgueil des roses, mille fois.

    Jamais n’entend le clocher quand il sonne ;
    Mais à prier son âme s’abandonne,
    Ou son discours, du moins, lui semble tel.

    Fleur des forêts, maîtresse en ton domaine,
    Tu me parais une fleur très humaine
    Dont peut le prêtre embellir son autel.

  2. Blanche fleur sauvage
    --------

    La blanche fleur séduit l’homme des bois,
    Lui qui l’admire, il la croit immortelle ;
    La contempler, ça lui donne des ailes,
    Son corps se sent peser d’un moindre poids.

    Il ne veut plus faire entendre sa voix,
    N’ose parler à cette fleur nouvelle ;
    Manquant de mots pour dire qu’elle est belle,
    Il place en elle une profonde foi.

    Peu de noblesse en cette humble personne,
    Un peu timide, et la fleur lui pardonne ;
    Elle a capté son inaudible appel.

    Si la cueillait la Dame du domaine,
    Elle vivrait, au plus, une semaine ;
    Son corps flétri embaumerait l’autel.

  3. Fleur d’azur
    ----------

    Ne l’installez jamais dans une caisse en bois,
    Car la captivité n’est pas faite pour elle ;
    À minuit, chaque soir, il lui pousse des ailes,
    Elle va droit au ciel, sans contrainte et sans loi.

    Un ange jardinier la charme de sa voix,
    De ce monde inférieur il prend quelques nouvelles ;
    Retrouvant au matin ses compagnes fidèles,
    Elle change en nectar la rosée qu’elle boit.

    La fleur couleur d’azur ne doit rien à personne,
    Elle qui peut prier comme fait une nonne
    Et qu’on voit méditer comme Saint Matorel.

    Elle aime rencontrer le Seigneur du domaine,
    Lequel, assez souvent, dans ces lieux se promène,
    Toujours accompagné d’un joyeux ménestrel).

  4. Fleur d’azur (retouche)
    ----------

    Ne l’installez jamais dans une caisse en bois,
    Car la captivité n’est pas faite pour elle ;
    À minuit, chaque soir, il lui pousse des ailes,
    Elle va droit au ciel, sans contrainte et sans loi.

    Un ange jardinier la charme de sa voix,
    De ce monde inférieur il prend quelques nouvelles ;
    Retrouvant au matin ses compagnes fidèles,
    Elle change en nectar la rosée qu’elle boit.

    La fleur couleur d’azur ne doit rien à personne,
    Elle qui peut prier comme fait une nonne
    Et qu’on voit méditer comme Saint Matorel.

    Elle aime rencontrer le Seigneur du domaine,
    Lequel, assez souvent, dans ces lieux se promène,
    Toujours accompagné d’un joyeux ménestrel.

  5. L'abbé flutiste et la choriste misquette.wordpress.com

    Pour ne pas succomber, il fait feu de tout bois.
    Si quand elle l’aborde, il fuit à tire d’aile,
    C’est que l’abbé flutiste est fou amoureux d’elle
    Et qu’il veut obéir, de l’église, à la loi.

    Il fit sa connaissance en entendant sa voix,
    Un jour où l’on chantait à la bonne nouvelle.
    C’était une profane au milieu des fidèles
    Puisqu’elle découvrait le diocèse de Blois.

    Il chercha le regard de la jeune personne
    Dont l’organe vocal fit que son cœur ronronne
    (Tout émoi retentit sur le plan corporel).

    Depuis qu’il l’a trouvé, elle hante son domaine,
    Il croit la voir partout où ses yeux se promènent,
    Tandis qu’elle ne vit que pour son ménestrel.

    misquette.wordpress.com

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Mellin de SAINT-GELAIS

Portait de Mellin de SAINT-GELAIS

Mellin de Saint-Gelais (ou Melin de Saint-Gelays ou de Sainct-Gelais), né à Angoulême vers 1491 et mort à Paris en octobre 1558, est un poète français de la Renaissance, qui eut les faveurs de François 1er. Il était fort probablement le fils naturel de Jean de Saint-Gelais, marquis de Montlieu, qui appartenait à la petite... [Lire la suite]

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