Poème 'Emploi du Temps' de Raymond RADIGUET dans 'Les Joues en feu'

Emploi du Temps

Raymond RADIGUET
Recueil : "Les Joues en feu"

Mécontents si Dimanche ignore les pensums,
Au lieu de mots anglais mâchons du chewin-gum.
Souriez un peu, aurore à mon gré volage :
Le bonnet d’âne sied à ravir à votre âge.

On a le temps de rougir durant les vacances.
Puis après avoir lu tous les livres de prix,
Bouche en cœur, apprends à chanter faux des romances,
Souriant aux rosiers nains qui n’ont pas fleuri.

Une à une mes chansons mouraient en chemin.
« Le lieu du rendez-vous ». Déteigne une pancarte :
Le moindre de mes soucis, pourvu que demain
Les gratte-ciel jalousent mes châteaux de cartes.

Les doigts engourdis à force de réussites,
(Elle dans l’herbe folle perdant la raison)
Mensonges en fleurs ! Les soirs où vous vous assîtes
Les nouai-je en gerbe avec les brins du gazon ?

Votre regard m’accompagne en train de plaisr.
Plus morte que vive sous le pont qui l’outrage,
La rivière roule des sanglots de plaisir.
À la fin eux seuls compagnons de mes voyages.

Conclusion

Lasse de soulever d’indociles collines
Délaisse sans pleurs les pensums que j’inventais ;
Aurore ! adieu ! en lambeaux la robe d’Été,
Je me sens assez fort pour regagner les villes.

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