Poème 'Idéal maîtresse' de Robert DESNOS dans 'Langage cuit'

Idéal maîtresse

Robert DESNOS
Recueil : "Langage cuit"

Je m’étais attardé ce matin-là à brosser les dents d’un joli animal que, patiemment, j’apprivoise. C’est un caméléon. Cette aimable bête fuma, comme à l’ordinaire, quelques cigarettes, puis je partis.

Dans l’escalier je la rencontrai. « Je mauve », me dit-elle et tandis que moi-même je cristal à pleine ciel-je à son regard qui fleuve vers moi. Or, il serrure et, maîtresse ! Tu pitchpin qu’a joli vase je me chaise si les chemins tombeaux.

L’escalier, toujours l’escalier qui bibliothèque et la foule au bas plus abîme que le soleil ne cloche.

Remontons ! mais en vain, les souvenirs se sardine ! à peine, à peine un bouton tirelire-t-il. Tombez, tombez ! En voici le verdict : « La danseuse sera fusillée à l’aube avec ses bijoux immolés au feu de son corps. Le sang des bijoux, soldats ! »

Eh quoi, déjà je miroir. Maîtresse tu carré noir et si les nuages de tout à l’heure myosotis, ils moulins dans la toujours présente éternité.

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Commentaires

  1. Absolu concubine
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    J'avais lambiné dans le petit jour à nettoyer les crocs d'un attrayant bestiau que, tranquillement, je domestique. C'est un animal qui se caractérise par la mobilité indépendante de ses yeux, sa langue protractile qui lui permet d'attraper ses proies à distance, les doigts groupés en deux blocs opposables assurant une bonne prise sur les branches, et sa capacité à changer de couleur. Ce jovial être vivant grilla, selon sa coutume, plusieurs sèches, puis je m'en allai.

    Entre deux étages, je la croisai. « Je lavatère arborescente », prononça-t-elle cependant que pour ma part, je macle à total firmament à son oeillade qui cours d'eau vers ma personne. Or, il cadenas et, patronne ! Tu boiserie qu'a beau récipient je me siège si les voies sépulcres.

    Les marches, toujours les marches qui étagère et le peuple en-dessous plus gouffre que l'astre du jour ne clarine.

    Retournons vers le sommet ! mais sans résultat, les remembrances se pilchard ! tout juste, tout juste un rond de corozo cagnotte-t-il. Dégringolez, dégringolez ! En voici la sentence : « La ballerine sera passée par les armes au point du jour avec ses pierreries sacrifiées à la combustion de son substrat matériel. L'ichor des pierreries, guerriers ! »

    Mince alors, déjà la psyché. Patronne tu dalle de sable et si les nuées de tantôt grémillet, elles blutoir dans la sempiternellement contemporaine immuabilité.

  2. J'adore la revue made in Cochonfucius du simple "C'est un caméléon." !
    Bravo.

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Robert DESNOS

Portait de Robert DESNOS

Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 à Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libéré du joug de l’Allemagne nazie. Autodidacte et rêvant de poésie, Robert Desnos est introduit vers 1920 dans les milieux littéraires modernistes et... [Lire la suite]

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