Poème 'La Main le cœur le lion l’oiseau' de Paul ÉLUARD dans 'Poésie et vérité'

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La Main le cœur le lion l’oiseau

Paul ÉLUARD
Recueil : "Poésie et vérité"

Main dominée par le cœur
Cœur dominé par le lion
Lion dominé par l’oiseau

L’oiseau qu’efface un nuage
Le lion que le désert grise
Le cœur que la mort habite
La main refermée en vain

Aucun secours tout m’échappe
Je vois ce qui disparaît
Je comprends que je n’ai rien
Et je m’imagine à peine

Entre les murs une absence
Puis l’exil dans les ténèbres
Les yeux purs la tête inerte.

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Commentaires

  1. Le coeur et le papier
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    Le coeur boit son sang tout le jour ;
    Il le boit, ensuite il le pleure.
    Buvant et pleurant tour à tour,
    C'est ainsi qu'il passe les heures.

    Le papier goûte l'encre noire ;
    Il en reste imprégné longtemps,
    Ne pouvant tout à fait la boire :
    La plume est comme un coeur battant.

    L'encre et le sang, quel goût ont-ils,
    Sinon celui des chaudes larmes ?
    Ce n'est pas un goût volatil,
    C'est celui du tranchant des armes.

  2. La main du chevalier
    -------------------

    Cette main qui portait une branche fleurie
    S’empare d’une épée, ce n’est guère prudent ;
    Mais tel est le vouloir du chevalier ardent,
    Et son ange gardien ne veut pas qu’on en rie.

    S’affrontant pour le coeur de la reine Marie,
    Deux seigneurs sont en lice, et malheur au perdant ;
    Du clair soleil déjà proche de l’Occident
    Sont bientôt la lumière et la force taries.

    Entraînés sans merci vers une issue fatale,
    Ces hommes sont guidés par leur âme brutale ;
    La reine les contemple avec des yeux cléments.

    Elle voit ces héros qui leur vigueur étalent,
    Et leur folle vaillance, et leur pulsion vitale ;
    Elle les aime bien, ceux-là, décidément.

  3. Branche toujours en fleur
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    L’hiver est déjà là, mais la branche est fleurie,
    Quelle en est la raison? ce n’est pas évident.
    C’est un plaisir de voir ces pétales ardents
    Au contour délicat, comme une broderie.

    Les jours suivent les jours et la saison varie,
    Et la vie au jardin continue, cependant ;
    Le vieux pommier médite et se souvient d’Adam,
    Dont ne sont la vigueur ni les forces taries.

    Pour cette branche aussi viendra l’issue fatale,
    La chose ne sera pas forcément brutale ;
    Cet univers, parfois, peut se montrer clément.

    Cette branche au soleil ses belles fleurs étale,
    Nous démontrant ainsi son audace vitale,
    Ce que ces quelques vers décrivent sobrement.

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Paul ÉLUARD

Portait de Paul ÉLUARD

Paul Éluard, de son vrai nom Eugène Émile Paul Grindel (14 décembre 1895 à Saint-Denis – 18 novembre 1952 à Charenton-le-Pont ), est un poète français. C’est à l’âge de vingt et un ans qu’il choisit le nom de Paul Éluard, hérité de sa grand-mère, Félicie. Il adhère au dadaïsme et est l’un des... [Lire la suite]

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