Poème 'La Robe' de Germain NOUVEAU dans 'Valentines'

La Robe

Germain NOUVEAU
Recueil : "Valentines"

Vous portez une robe grise,
M’a dit Suzanne l’autre jour ;
Or, vous aurai-je bien comprise ?
Ça veut-il dire qu’elle est grise,
Qu’elle est toute grise d’amour ?

Qu’elle est grise comme la mine
De mes lettres dont le contour
S’éveille sous la plombagine
Qui trace en gris, pour Valentine,
Sur le papier mes vers d’amour ?

Car cette robe si charmante,
À moins que, par un gueux de tour,
Ma mémoire ici ne me mente,
De nœuds de couleur s’agrémente,
Comme tous mes billets d’amour.

Je sais que, fière et délicate,
Comme une Reine pour sa cour,
La femme très femme, et très… chatte,
Ne peut remuer une patte
Sans quelque intention d’amour.

L’intention ne se dérobe,
Dans son capricieux détour,
Qu’aux sots, peu nombreux sur le globe :
Ma poésie et votre robe
Sont toutes deux grises d’amour.

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Commentaires

  1. L'amour est bien ce qui te grise,
    Barde rimant au fil des jours.
    Ton existence est incomprise,
    Mais tu aimes que chacun prise
    Tes couplets de fier troubadour.

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Germain NOUVEAU

Portait de Germain NOUVEAU

Germain Marie Bernard Nouveau, né le 31 juillet 1851 à Pourrières (Var) où il est mort le 4 avril 1920, est un poète français. Il est l’aîné des 4 enfants de Félicien Nouveau (1826-1884) et de Marie Silvy (1832-1858). Germain Nouveau perd sa mère alors qu’il n’a que sept ans. Il est élevé par son... [Lire la suite]

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