Poème 'Le Cabaret' de François COPPÉE dans 'Le Reliquaire'

Le Cabaret

François COPPÉE
Recueil : "Le Reliquaire"

Dans le bouge qu’emplit l’essaim insupportable
Des mouches bourdonnant dans un chaud rayon d’août,
L’ivrogne, un de ceux-là qu’un désespoir absout,
Noyait au fond du vin son rêve détestable.

Stupide, il remuait la bouche avec dégoût,
Ainsi qu’un bœuf repu ruminant dans l’étable.
Près de lui le flacon, renversé sur la table,
Se dégorgeait avec les hoquets d’un égout.

Oh ! qu’il est lourd, le poids des têtes accoudées
Où se heurtent sans fin les confuses idées
Avec le bruit tournant du plomb dans le grelot !

Je m’approchai de lui, pressentant quelque drame,
Et vis que dans le vin craché par le goulot
Lentement il traçait du doigt un nom de femme.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

  1. Aigle garde-chasse
    --------------

    C’est l’aigle garde-chasse, un valet redoutable,
    Traquant le carnivore et bannissant le loup ;
    Même un rusé rongeur, minuscule filou,
    Par lui sera saisi, car c’est inévitable.

    Mais il n’en mange point, ce n’est pas à son goût,
    Pas plus qu’il ne mordrait le veau dans son étable ;
    Il préfère avaler les reliefs de la table,
    Un morceau de fromage, un reste de ragoût.

    Il aime s’élever de quatre cents coudées
    Pour, s’approchant du ciel, y trouver des idées
    Ou pour suivre d’en haut les coursiers au galop ;

    Il semble être porteur d’un poème ou d’un drame,
    Car son coeur est jaloux, tel celui d’Othello ;
    Léda m’en a donné sa parole de femme.

Rédiger un commentaire

© 2019 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS