Poème 'Le clown' de Paul VERLAINE dans 'Jadis et naguère'

Le clown

Paul VERLAINE
Recueil : "Jadis et naguère"

Bobèche, adieu ! bonsoir, Paillasse ! arrière, Gille !
Place, bouffons vieillis, au parfait plaisantin,
Place ! très grave, très discret et très hautain,
Voici venir le maître à tous, le clown agile.

Plus souple qu’Arlequin et plus brave qu’Achille,
C’est bien lui, dans sa blanche armure de satin ;
Vides et clairs ainsi que des miroirs sans tain,
Ses yeux ne vivent pas dans son masque d’argile.

Ils luisent bleus parmi le fard et les onguents,
Cependant que la tête et le buste, élégants,
Se balancent sur l’arc paradoxal des jambes.

Puis il sourit. Autour le peuple bête et laid,
La canaille puante et sainte des Iambes,
Acclame l’histrion sinistre qui la hait.

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Commentaires

  1. Les clowns rient
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    J’ai rêvé que j’étais un clown au verbe agile,
    Un étonnant rhapsode, un hardi plaisantin,
    Affrontant le public dès le petit matin
    Sur un large trottoir, dans une grande ville.

    Disant n’importe quoi, mais gardant l’air tranquille
    De l’artiste accompli, de ses effets certain,
    Je faisais des bons mots, j’expliquais du latin,
    Je modelais mon verbe ainsi que de l’argile.

    Un tel métier, vraiment, n’était point fatigant ;
    Costume ridicule, et, quand même, élégant,
    Surtout le pantalon flottant autour des jambes.

    Ce monde me plaisait. Il n’avait rien de laid ;
    Comme un royal jardin, comme un âtre qui flambe,
    Ce cosmos foisonnait de magiques reflets.

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