Poème 'Le son du cor s’afflige vers les bois' de Paul VERLAINE dans 'Sagesse'

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Le son du cor s’afflige vers les bois

Paul VERLAINE
Recueil : "Sagesse"

Le son du cor s’afflige vers les bois
D’une douleur on veut croire orpheline
Qui vient mourir au bas de la colline
Parmi la bise errant en courts abois.

L’âme du loup pleure dans cette voix
Qui monte avec le soleil qui décline
D’une agonie on veut croire câline
Et qui ravit et qui navre à la fois.

Pour faire mieux cette plaine assoupie
La neige tombe à longs traits de charpie
A travers le couchant sanguinolent,

Et l’air a l’air d’être un soupir d’automne,
Tant il fait doux par ce soir monotone
Où se dorlote un paysage lent.

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Commentaires

  1. Bouddha de Villenave d’Ornon
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    Vers ce village, auprès d’un petit bois,
    Le bienfaiteur des âmes orphelines,
    Le clair Bouddha du pied de la colline
    A consacré le bon vin que je bois.

    Or, lui aussi, pour s’éclaircir la voix,
    Il prend un peu de liqueur opaline ;
    Une servante à la grâce féline
    Vient nous offrir des mets de bon aloi.

    Ce Bouddha vit d’une vie assoupie,
    Laissant du monde augmenter l’entropie
    En raison de son agir nonchalant.

    En son printemps se montre son automne,
    En son discours, un savoir monotone ;
    S’il marche un peu, c’est sur un rythme lent.

  2. Ceci est mon cor
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    En Aquitaine, à l’ombre des grands bois,
    Résonne au soir une note orpheline ;
    Elle s’élève et franchit la colline,
    L’herbe la goûte et le chêne la boit.

    On dirait bien que du cor c’est la voix,
    J’en reconnais l’harmonie opaline
    Qui fait danser une martre féline
    Et soupirer une biche aux abois.

    Entends ce cor, ô montagne assoupie,
    Pour lui se tait la jacassante pie,
    Pour lui s’éveille un lézard nonchalant.

    Cette chanson, c’est un hymne à l’automne,
    Elle est d’ici, que nul ne s’en étonne ;
    Je reconnais son timbre clair et lent.

  3. Loup de gueules
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    Très respecté par les hommes des bois
    Pour sa douceur et son âme orpheline,
    Le grand loup rouge, au milieu des collines,
    S’en va, s’en vient, cherchant je ne sais quoi.

    Quand il est seul, il chante à faible voix,
    Cela produit des notes cristallines ;
    Nous admirons sa démarche féline
    Et ses galops d’animal aux abois.

    Vers l’horizon, la ville est assoupie ;
    Les citadins bavards comme des pies
    Ont terminé leur parcours nonchalant.

    Est-ce l’hiver, est-ce encore l’automne ?
    La lune est froide et le loup s’en étonne ;
    Vers sa tanière il retourne à pas lents.

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