Poème 'L’Incorrigible' de François COPPÉE dans 'Arrière-saison'

L’Incorrigible

François COPPÉE
Recueil : "Arrière-saison"

Lorsque, vaincu d’un seul regard, je t’ai suivie,
Plus d’un m’a dit : « Encore ? À quarante ans passés ! »
Soit. J’ai des cheveux gris aux tempes, je le sais ;
Mais ma soif de tendresse est loin d’être assouvie.

Celui-là qui me blâme, au fond du cœur m’envie.
Non ! je n’ai pas assez vécu, souffert assez,
Et je vaux mieux que vous, jeunes vieillards glacés,
Et l’amour est la grande affaire de la vie !

Non ! je ne deviendrai jamais pareil à vous,
Dont quelques chaudes nuits font de calmes époux,
Et qui n’aimez qu’un temps, comme on jette sa gourme.

Regardons-les passer, ma mie, et plaignons-les,
Ces couples sans désirs qui traînent leurs boulets,
Ainsi que des forçats sous les coups de la chiourme !

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

François COPPÉE

Portait de François COPPÉE

François Édouard Joachim Coppée, né le 26 janvier 1842 à Paris où il est mort le 23 mai 1908, est un poète, dramaturge et romancier français. Coppée fut le poète populaire et sentimental de Paris et de ses faubourgs, des tableaux de rue intimistes du monde des humbles. Poète du souvenir d’une première rencontre... [Lire la suite]

© 2017 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS
Nos partenaires : Le Mot pour la frime | Poetiz | Permis moto