Poème 'Ô jeunesse' de Robert DESNOS dans 'Destinée arbitraire'

Ô jeunesse

Robert DESNOS
Recueil : "Destinée arbitraire"

Ô jeunesse voici que les noces s’achèvent
Les convives s’en vont des tables du banquet
Les nappes sont tachées de vin et le parquet
Est blanchi par les pas des danseurs et des rêves

Une vague a roulé des roses sur la grève
quelque amant malheureux jeta du haut du quai
Dans la mer en pleurant reliques et bouquets
Et les rois ont mangé la galette et la fève

Midi flambant fait pressentir le crépuscule
Le cimetière est plein d’amis qui se bousculent
que leur sommeil soit calme et leur mort sans rigueur

Mais tant qu’il restera du vin dans les bouteilles
qu’on emplisse mon verre et bouchant mes oreilles
J’écouterai monter l’océan dans mon cœur.

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Commentaires

  1. Festin de Robert
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    Robert se tient parmi les litres qu'on achève,
    C'est de la poésie qu'il apporte au banquet ;
    Un rayon de soleil qui joue sur le parquet
    Semble aux joyeux buveurs être issu de leurs rêves.

    Aux fenêtres, la Seine illumine ses grèves
    Ainsi que les étals des libraires du quai ;
    La reine de la fête a fait faire un bouquet
    Pour offrir à celui qui trouvera la fève.

    Tu rougis nos boissons, précoce crépuscule ;
    Tu rougis la taverne où les gens se bousculent,
    Mais aucun de ceux-là ne t'en tiendra rigueur :

    Car, auprès des tonneaux, subsistent des bouteilles
    Qui, de leur tintement, font tinter nos oreilles,
    Résonner notre rire et palpiter nos coeurs.

  2. Amphore des chevaliers
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    Les buveurs ont rejoint la table circulaire
    Où vient les divertir un jongleur bondissant ;
    Moi, j’offre à tout ce monde un élixir puissant
    Qui permet aux humains d’oublier leurs galères.

    Un chevalier, vois-tu, c’est un homme ordinaire,
    N’attendons pas de lui des exploits fracassants ;
    Plutôt que de combattre et de verser le sang,
    Il s’attable et s’abreuve, usage millénaire.

    À ses voisins de table il narre ses hauts faits,
    Il en rajoute un peu, c’est du bon vin l’effet ;
    Il émaille sa vie de triomphes sans nombre.

    Lui qu’on vit chevaucher dans le soleil couchant,
    Lui dont mélancolique et discret fut le chant,
    Le voici tout gaillard, il n’a plus rien de sombre.

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