Poème 'Pensionnaires' de Paul VERLAINE dans 'Parallèlement'

Pensionnaires

Paul VERLAINE
Recueil : "Parallèlement"

L’une avait quinze ans, l’autre en avait seize ;
Toutes deux dormaient dans la même chambre.
C’était par un soir très lourd de septembre
Frêles, des yeux bleus, des rougeurs de fraise.

Chacune a quitté, pour se mettre à l’aise,
La fine chemise au frais parfum d’ambre.
La plus jeune étend les bras, et se cambre,
Et sa soeur, les mains sur ses seins, la baise,

Puis tombe à genoux, puis devient farouche
Et tumultueuse et folle, et sa bouche
Plonge sous l’or blond, dans les ombres grises ;

Et l’enfant, pendant ce temps-là, recense
Sur ses doigts mignons des valses promises,
Et, rose, sourit avec innocence.

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Commentaires

  1. Quatre lions
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    L’un s’en vient du sud, l’un s’en vient du nord,
    Arrivant au centre, ont pris une chambre,
    Ont dormi, grisés du vin de septembre,
    Vin nouveau, chargé de senteurs, mais fort.

    Le tiers de la mer, le quart de ses bords,
    Se sont rencontrés chez le vendeur d’ambre,
    Chez qui la danseuse à minuit se cambre,
    Dont l’activité semble sans effort.

    Ah ! Ces quatre lions ne sont pas farouches,
    lls sont, tels des chats, vautrés sur leur couche ;
    De la pureté, leur coeur est épris.

    J’aimerais avoir leur belle innocence,
    Leur charmant esprit, leur goût, leur décence ;
    Mais je ne suis rien, qu’un vieux malappris.

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