Poème 'Un pouacre' de Paul VERLAINE dans 'Jadis et naguère'

Un pouacre

Paul VERLAINE
Recueil : "Jadis et naguère"

Avec les yeux d’une tête de mort
Que la lune encore décharne,
Tout mon passé, disons tout mon remords,
Ricane à travers ma lucarne.

Avec la voix d’un vieillard très cassé,
Comme l’on n’en voit qu’au théâtre,
Tout mon remords, disons tout mon passé,
Fredonne un tralala folâtre.

Avec les doigts d’un pendu déjà vert
Le drôle agace une guitare
Et danse sur l’avenir grand ouvert
D’un air d’élasticité rare.

 » Vieux turlupin, je n’aime pas cela ;
Tais ces chants et cesse ces danses.  »
Il me répond avec la voix qu’il a :
 » C’est moins farce que tu ne penses,

 » Et quant au soin frivole, ô doux morveux,
De te plaire ou de te déplaire,
Je m’en soucie au point que, si tu veux,
Tu peux t’aller faire lanlaire ! « 

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Commentaires

  1. Le neveu du charpentier
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    Neveu du charpentier, pitoyable démon,
    Tu voulais tourmenter les peuples de la Terre ;
    Ton ombre volontiers se cache au fond d’un verre
    Et vagabonde aussi par les bois et les monts.

    Mais ton cousin n’est pas un juge trop sévère,
    C’est un seigneur d’amour, un Maître de pardon ;
    Nous trouvons la douceur en ses sages sermons,
    Et c’est dans bien des cas, le pécheur qu’il préfère.

    Ta force tentatrice a du pouvoir sur ceux
    Qui par amour du gain deviennent tes complices ;
    Mais ils sont en danger d’endurer des supplices.

    Ainsi devront souffrir les hommes paresseux.
    Et ceux qui trop souvent ont omis d’être braves ;
    Mortels, songez-y bien, c’est une chose grave.

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