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On ne sait presque rien de Rutebeuf, sinon ce qu'il dit de lui-même dans ses vers. Né sans doute vers 1230, probablement en Champagne, il vient étudier à Paris et y reste toute sa vie. C'est un clerc instruit, qui connaît le latin et la théologie, mais qui ne reçoit jamais de bénéfice et vit au jour le jour de sa plume, à la merci des grands seigneurs qui veulent bien le payer.
Il fait de sa misère la matière même de sa poésie. Dans la Griesche d'hiver et la Griesche d'été, il raconte comment le jeu de dés le dépouille ; dans le Mariage et la Complainte Rutebeuf, il se peint mal marié, criblé de dettes, privé d'un œil, abandonné de ses amis que le vent emporte. Ces poèmes de l'infortune, d'une voix très personnelle, font de lui l'un des premiers grands poètes du moi.
Rutebeuf est aussi un polémiste redoutable. Dans les années 1250, il prend le parti de l'Université de Paris et de Guillaume de Saint-Amour contre les ordres mendiants, Jacobins et Cordeliers, qu'il accuse d'hypocrisie, quitte à déplaire au roi Louis IX. Il compose des complaintes funèbres pour de grands seigneurs, et des poèmes de croisade où il presse les chevaliers de partir pour la Terre sainte.
Son œuvre touche à tous les genres : fabliaux savoureux comme le Testament de l'âne ou Frère Denise, boniment du marchand d'herbes, vies de saintes, poèmes à la Vierge, et le Miracle de Théophile, l'un des plus anciens drames en français. On perd sa trace dans les années 1280, et il meurt sans doute vers 1285.
Source : Wikipédia
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