Poème 'À l’envers' de Victor SEGALEN dans 'Stèles (du Milieu)'

À l’envers

Victor SEGALEN
Recueil : "Stèles (du Milieu)"

À l’envers du commun des hommes qui, dans leurs menus souhaits échangent des « Dix mille années »,

J’appelle avec vœux la clôture de la Grande Année du Monde, et qu’il s’endorme vite dans le chaos sans bonté.

À l’envers de leur nature les êtres alors agiront : l’eau brûlant, le feu noyant toute la chose et tout l’esprit.

o

Vienne cette heure renversée, la Douzième : son moment, qu’il me sera doux !

À l’envers de ma nature les désirs alors agiront :

Peut-être alors me sentirai-je bon parmi les principes à l’envers ?

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Commentaires

  1. Un roi barbare a mis sa culotte à l’envers ;
    Or, l’évêque qui fut son ministre et son pote
    Ne craignit point de lui parler de sa culotte.
    À l’endroit, dit le roi, je la remets, mon cher.

    Le peuple qui fredonne à tort et à travers
    A fait sienne, depuis, la chanson rigolote
    Où l’on voit que ce roi n’avait rien d’un despote,
    Même s’il possédait un grand sabre de fer.

    Sa Majesté partait, pour chasser, dans la plaine,
    Mais rentrait au palais, en sueur, hors d’haleine,
    Ayant peur des lapins (et de bien d’autres choses).

    Quand le diable lui dit « Tu mourras aujourd’hui »,
    Il eût voulu qu’Eloi mourût au lieu de lui ;
    L’histoire ne dit pas s’il obtint gain de cause.

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