Poème 'Stèle du chemin de l’âme' de Victor SEGALEN dans 'Stèles (du bord du chemin)'

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Stèle du chemin de l’âme

Victor SEGALEN
Recueil : "Stèles (du bord du chemin)"

Une insolite inscription horizontale : huit grands caractères, deux par deux, que l’on doit lire, non pas de la droite vers la gauche, mais à l’encontre, — et ce qui est plus,

Huit grands caractères inversés. Les passants clament : « Ignorance du graveur ! ou bien singularité impie ! » et, sans voir, ils ne s’attardent point.

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Vous, ô vous, ne traduirez-vous pas ? Ces huit grands signes rétrogrades marquent le retour au tombeau et le CHEMIN DE L’ÂME, — ils ne guident point des pas vivants.

Si détournés de l’air doux aux poitrines, ils s’enfoncent dans la pierre ; si, fuyant la lumière, ils donnent dans la profondeur solide,

C’est, clairement, pour être lus au revers de l’espace, — lieu sans routes où cheminent fixement les yeux du mort.

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Commentaires

  1. Le calligraphe inverse un flot de caractères,
    Quiconque veut les lire a besoin d’un miroir.
    Huit termes surgissant d’un inframonde noir,
    Destinés à l’esprit de l’intérieur des pierres.

    Segalen recopie ces mots pleins de mystère
    Et tente un bel effort pour nous les faire voir.
    Passant, rince la stèle avec un arrosoir :
    Le texte brillera sous la couche d’eau claire,

    Le ciel s’y mirera comme une steppe immense ;
    Tu pourras écouter cette pierre qui pense
    Comme si elle était soudain pourvue de voix,

    Comme si elle avait accès à ton oreille
    Pour y faire passer l’esprit d’une merveille ;
    Bon. Mais, il y a un os. Ce truc, c’est du chinois.

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