Poème 'Sœur équivoque' de Victor SEGALEN dans 'Stèles (orientées)'

Sœur équivoque

Victor SEGALEN
Recueil : "Stèles (orientées)"

De quel nom te désigner, de quelle tendresse ? Sœur cadette non choisie, sage complice d’ignorances,

Te dirai-je mon amante ? Non point, tu ne le permettrais pas. Ma parente ? Ce lien pouvait exister entre nous. Mon aimée ? Toi ni moi ne savions aimer encore.

o

Sœur équivoque, et de quel sang inconnu ! — Maintenant, sois satisfaite : ni sœur ni amie ni maîtresse ni aimée, chère indécise d’autrefois,

Te voici désormais fixée, dénommée, par coutume et rite et sort (ayant perdu le nom de ta jeunesse),

Sois satisfaite : te voici mariée. Tu es emplie de joie permise,

Tu es femme.

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Commentaires

  1. Licorne ambivalente
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    Les monstres sur le mont contemplent la licorne,
    Ne sachant si, pour eux, c’est une aimable soeur ;
    Questionnant le corbeau à la sage noirceur,
    Ils en ont obtenu un silence sans bornes.

    La licorne entrevoit d’innombrables soleils ;
    Elle reste ébahie de ces jeux de lumière.
    Leur éclat fait danser les morceaux de matière,
    Le moindre fruit devient un ornement vermeil.

    Licorne, je ne sais te conférer un titre ;
    Aussi , je m’abstiendrai de cette décision,
    Même si je te dois d’étonnantes visions,
    Même si, de ma vie, tu remplis un chapitre.

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