Poème 'Du bout du sabre' de Victor SEGALEN dans 'Stèles (occidentées)'

Du bout du sabre

Victor SEGALEN
Recueil : "Stèles (occidentées)"

Nous autres, sur nos chevaux, n’entendons rien aux semailles. Mais toute terre labourable au trot, qui se peut courir dans l’herbe,

Nous l’avons courue.

Nous ne daignons point bâtir murailles ni temples, mais toute ville qui se peut brûler avec ses murs et ses temples,

Nous l’avons brûlée.

Nous honorons précieusement nos femmes qui sont toutes d’un très haut rang

Mais les autres qui se peuvent renverser, écarter et prendre,

Nous les avons prises.

Notre sceau est un fer de lance : notre habit de fête une cuirasse où la rosée cristallise : notre soie est tissée de crins. L’autre, plus douce, qui se peut vendre,

Nous l’avons vendue.

o

Sans frontières, parfois sans nom, nous ne régnons pas, nous allons. Mais tout ce que l’on taille et fend, ce que l’on cloue et qu’on divise…

Tout ce qui peut se faire, enfin, du bout du sabre,

Nous l’avons fait.

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Victor SEGALEN

Portait de Victor SEGALEN

Victor Segalen, né à Brest le 14 janvier 1878, mort le 21 mai 1919 à Huelgoat, est un poète, et aussi médecin de marine, ethnographe et archéologue français. Après des études de médecine à l’École du service de santé des armées de Bordeaux, Victor Segalen est affecté en Polynésie française. Il n’aime pas la... [Lire la suite]

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