Poème 'La Sieste' de Robert DESNOS dans 'Contrée'

La Sieste

Robert DESNOS
Recueil : "Contrée"

Cent mille années dans mon sommeil d’après-midi
Ont duré moins longtemps qu’une exacte seconde.
Je reparais du fond d’un rêve incontredit
Dans la réalité de ma chair et du monde.

Je retrouve en ma bouche une ancienne saveur
Et des noms de jadis et des baisers si tendres
Que je ne sais plus qui je suis ni si mon cœur
Bat dans le sûr présent ou le passé de cendres.

Éclatez ! Ô volcans ! du fond des souvenirs,
Noyez sous votre lave un esprit qui se lasse,
Brûlez les vieux billets et puissiez vous ternir
À jamais le miroir dont le tain mord la glace.

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Commentaires

  1. Robert le moine
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    Robert se fait ermite, et dort l'après-midi.
    Ce sommeil lui fait voir la nature seconde,
    Contrepoint du réel, cosmos qui contredit
    Le bon sens illusoire, aberration des mondes.

    La règle de Robert a meilleure saveur
    Que celle de Benoît ; c'est une règle tendre
    Qui soulage, l'esprit, qui renforce le coeur
    Et qui ne laisse point en bouche un goût de cendres.

    Règle de poésie, règle du souvenir,
    Prière dont jamais les orants ne se lassent,
    Firmament dont l'éclat ne saurait se ternir
    Si tu n'en cherches point le reflet dans la glace.

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