Poème 'Vent nocturne' de Robert DESNOS dans 'Langage cuit'

Vent nocturne

Robert DESNOS
Recueil : "Langage cuit"

Sur la mer maritime se perdent les perdus
Les morts meurent en chassant des chasseurs
dansent en rond une ronde
Dieux divins ! Hommes humains !
De mes doigts digitaux je déchire une cervelle cérébrale.
Quelle angoissante angoisse
Mais les maîtresses maîtrisées ont des cheveux chevelus
Cieux célestes
terre terrestre
Mais où est la terre céleste ?

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Commentaires

  1. Dérive urbaine
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    La licorne est à Rome ainsi qu'au Labyrinthe ;
    Elle avait fui les champs qui grouillaient de chasseurs,
    Mais pour quitter la ville, aura-t-elle un passeur ?
    Elle suit les trottoirs, son coeur est plein de crainte.

    Elle foule à présent la terre vaticane
    Et c'est déjà le soir, l'heure entre chien et loup
    Qu'illustrent les exploits du Père Dupanloup.
    Licorne, méfie-toi, si tu vois sa soutane.

    La licorne soudain revoit son copain Pierre
    (Qu'elle avait fréquenté sous le nom de Merlin) ;
    Il trône en majesté aux monts capitolins...
    Sauf que ce n'est pas lui : c'est sa statue de pierre.

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Robert DESNOS

Portait de Robert DESNOS

Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 à Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libéré du joug de l’Allemagne nazie. Autodidacte et rêvant de poésie, Robert Desnos est introduit vers 1920 dans les milieux littéraires modernistes et... [Lire la suite]

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