Poème 'Stèle au désir' de Victor SEGALEN dans 'Stèles (orientées)'

Stèle au désir

Victor SEGALEN
Recueil : "Stèles (orientées)"

La cime haute a défié ton poids. Même si tu ne peux l’atteindre, que le dépit ne t’émeuve : Ne l’as-tu point pesée de ton regard ?

La route souple s’étale sous ta marche. Même si tu n’en comptes point les pas, les ponts, les tours, les étapes, — tu la piétines de ton envie.

La fille pure attire ton amour. Même si tu ne l’as jamais vue nue, sans voix, sans défense, — contemple-la de ton désir.

o

Dresse donc ceci au Désir-Imaginant ; qui, malgré toutes, t’a livré la montagne, plus haut que toi, la route plus loin que toi,

Et couché, qu’elle veuille ou non la fille pure sous ta bouche.

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Commentaires

  1. Style au désert
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    La rime rare a nargué ton pinceau.
    Même si tu ne peux la satisfaire,
    Petit rimeur, tu n'as pas à t'en faire,
    Tu peux signer ton oeuvre de ton sceau.

    La route est longue, et trop lents sont tes pas.
    Mais l'essentiel est que, toujours, tu marches
    Sur ce chemin qu'ombragent quelques arches ;
    Il est des buts où l'on n'arrive pas.

    La fille tendre éveille ton désir,
    Reste avec elle, et sois tendre à loisir,
    Un barde peut parfois se le permettre.

    Dresse une stèle à ces trois déités
    À qui tu dois tant de félicités :
    Et remercie Segalen, ce bon maître.

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