Poème 'Les mauvais artisans' de Victor SEGALEN dans 'Stèles (du bord du chemin)'

Les mauvais artisans

Victor SEGALEN
Recueil : "Stèles (du bord du chemin)"

Ce sont, dans les vingt-huit maisons du Ciel ; la Navette étoilée qui jamais n’a tissé de soie ;

Le Taureau constellé, corde au cou, et qui ne peut traîner sa voiture ;

Le Filet myriadaire si bien fait pour coiffer les lièvres et qui n’en prend jamais ;

Le Van qui ne vanne pas ; la Cuiller sans usage même pour mesurer l’huile !

Et le peuple des artisans terrestres accuse les célestes d’imposture et de nullité.

Le poète dit : Ils rayonnent.

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Commentaires

  1. Qu'as-tu vu dans le ciel, camarade astrologue ?
    - J'ai vu un gros mouton qui maudissait l'hiver,
    Puis j'ai vu un taureau qui écrivait en vers,
    J'ai surpris des jumeaux et capté leur dialogue,

    J'ai vu un crustacé disant des apologues,
    J'ai vu un lion prêchant au milieu du désert,
    J'ai vu la demoiselle usant de mots pervers,
    J'ai vu une balance ornée d'un décalogue ;

    J'ai vu un noir scorpion dessiner sur le sable
    Et j'ai vu un centaure aux flèches redoutables,
    J'ai vu un capricorne au langage qui ment,

    J'ai vu un échanson qui dansait sous la lune,
    Et j'ai vu des poissons qui déchiffraient des runes.
    - Il faudra nettoyer, un soir, ton instrument.

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